Description de l'église

Coupe transversale sur le transept plan Casimir Saint-Jean décembre 1912Cette église, à l'extérieur très semblable à la précédente, est celle qui se dresse encore aujourd’hui sur la rue Rachel. La façade, de pierre de taille et de pierre bosselée, est ornée au rez-de-chaussée d'un portique formé de huit colonnes jumelées qui soutiennent une corniche surmontée d'un fronton. Ce fronton triangulaire s'orne d'un motif en pierre de sable, oeuvre du sculpteur Dalfour (1914). Sur la façade, sept statues en pierre accueillent les fidèles. Elles furent sculptées à Bedford, en Indiana, dans la pierre de l'endroit par des artisans italiens. Au sommet du portique, On aperçoit Jésus, entouré des quatre Évangélistes. Des statues de saint Pierre et saint Paul sont installées dans les deux niches latérales. À l'étage, des pilastres corinthiens encadrent de hautes baies aujourd'hui cintrées. Les deux tours octogonales couronnées d'un dôme de cuivre abritent cinq cloches qui proviennent de la Maison Paccard (France, 1909) ; l'incendie les avait épargnées.

 Vitrail de la sacristie, dont la confection est attribuée à la Maison DapratoÀ l'intérieur règnent l'espace, la lumière, dans un riche déploiement d'or et de couleurs. Dans l'ensemble, l’édifice est de style éclectique interprété dans un esprit baroque italien ; très en vogue au début du siècle. La nef avec ses imposantes tribunes peut accommoder quelques 2 800 personnes assises. Ce qui fait de Saint Jean- Baptiste la plus vaste église de Montréal après la basilique Notre-Dame et l'Oratoire Saint-Joseph.

Un bel ensemble de vitraux et de verrières aux vives couleurs mérite l'attention. Une série de médaillons ornent le pourtour de l'église. Ceux de la fausse-coupole du transept, dons du curé Dubuc, représentent les quatre Evangélistes. Le grand médaillon de la fausse-coupole du choeur, l'Esprit-Saint auréolé de rayons. Treize autres, autour de l'abside, montrent le Christ et les Apôtres. Le patron de la paroisse n'est pas négligé puisque en façade, une grande rosace au sommet de la baie centrale le représente. Les autres baies, richement ornées de motifs floraux dans l'esprit modern style éclairent les murs de la nef et des transepts. Henri Perdriau est l’auteur des médaillons situés dans la voûte du sanctuaire, des sept vitraux de la chapelle des mariages et des petites fenêtres du jubé du chœur. La Maison Daprato, qui a fait don des verrières du transept, est probablement aussi l’auteur des autres verrières de l’église et de la sacristie.

L'autel majeur, de marbre et de stuc, est l'œuvre de la Compagnie Daprato de Chicago. Il est surplombé d’un baldaquin, rehaussé d'or et de symboles, reposant sur quatre colonnes. Les six autels secondaires, les nombreuses statues de marbre et les stations du Chemin de la Croix ont également été réalisés dans les atelier de Daprato.

La chaire de l’église Saint-Jean-Baptiste, installée à l’angle du transeptSaint-Jean-Baptiste église actuelle (construction : 1912-1914)D'une facture habile et soignée, les travaux d'ébénisterie sont exécutés en bonne partie en merisier, fini avec un beau vernis rouge : stalles du sanctuaire, balustrades, lambris, bancs et confessionnaux.

À l'angle du transept se dresse la chaire, d'esprit renaissance italienne. La partie inférieure, pièce remarquable en plâtre moulé, a été réalisée dans les ateliers de Daprato. L'abat-voix actuel a remplacé l'abat-son primitif probablement vers les années 1935. L'escalier de bois, réalisé en 1915, est l'œuvre de l'ébéniste O. Bergeron.

Dans la tribune située au-dessus de l'entrée se trouvent de belles orgues de 68 jeux, du facteur d’orgues Casavant (Opus 615). Le buffet monumental de chêne sombre contre lequel se détachent les tuyaux dorés, est couronné de quatre anges rehaussés d'or, également réalisés pas la Compagnie Daprato. Dans la galerie, à la droite du sanctuaire, se trouve un orgue de choeur de 15 jeux (Opus 616) qu'on peut actionner à partir de la console du grand orgue. En 1995, les grandes orgues sont restaurées sous la direction artistique de la Maison Casavant, représentée par Jean-Louis Coignet et Jacquelin Rochette.

À droite de la vaste sacristie, étalée tout autour de l'abside, se trouve la « chapelle des mariages ». Traitée dans le même esprit architectural que l'église, elle est placée sous le vocable de Saint-Louis-de- Gonzague, un des patrons de Mgr Louis-Alexandre Dubuc. Un orgue de 9 jeux orne le mur du fond (Opus 656). La chapelle est entièrement restaurée au printemps 2007.