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Historique de l'église

Au cœur du Plateau Mont-Royal, sur la rue Rachel à Montréal, les habitués du quartier passent quotidiennement à proximité d’un des joyaux du patrimoine montréalais. Régulièrement, les mélomanes et curieux de toutes sortes pénètrent en

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Montréal - vue du Mont-Royal, 1865Dans la seconde moitié du XIXe siècle, la ville de Montréal connaît un développement urbain important. On assiste à la création et à la croissance de banlieues. Ce phénomène résulte de l’effort conjugué de promoteurs, d’industriels et d’entreprises de services publics. Dans l’axe de la rue Saint-Denis, des promoteurs assèchent les zones marécageuses pour développer la municipalité de Saint-Jean-Baptiste, créé en 1861 depuis le village de Côte-Saint-Louis et annexée à Montréal en 1886. À la fin du XIXe siècle, la petite municipalité, devenue quartier montréalais, loge une population ouvrière croissante.

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Coupe transversale sur le transept plan Casimir Saint-Jean décembre 1912Cette église, à l'extérieur très semblable à la précédente, est celle qui se dresse encore aujourd’hui sur la rue Rachel. La façade, de pierre de taille et de pierre bosselée, est ornée au rez-de-chaussée d'un portique formé de huit colonnes jumelées qui soutiennent une corniche surmontée d'un fronton. Ce fronton triangulaire s'orne d'un motif en pierre de sable, oeuvre du sculpteur Dalfour (1914). Sur la façade, sept statues en pierre accueillent les fidèles. Elles furent sculptées à Bedford, en Indiana, dans la pierre de l'endroit par des artisans italiens. Au sommet du portique, On aperçoit Jésus, entouré des quatre Évangélistes. Des statues de saint Pierre et saint Paul sont installées dans les deux niches latérales. À l'étage, des pilastres corinthiens encadrent de hautes baies aujourd'hui cintrées. Les deux tours octogonales couronnées d'un dôme de cuivre abritent cinq cloches qui proviennent de la Maison Paccard (France, 1909) ; l'incendie les avait épargnées.

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Saint-Jean-Baptiste 1re église (1874-1898)Saint-Jean-Baptiste 1re église (1874-1898)

Le véritable bâtisseur de la paroisse est le curé Magloire Auclair. Gestionnaire vigoureux et entreprenant, il dirige la paroisse pendant trente ans, de 1880 à 1910. Dès février 1881, il persuade les paroissiens d'assumer une partie de la dette. En 1882, les travaux sont complétés au presbytère et l'intérieur de l'église est parachevé d'après les plans des architectes Poitras et Roy. À son tour, en 1888, la sacristie est terminée. Cette même année, grâce à un don personnel du curé Auclair, le groupe d’architectes Poitras et Roy dirige la construction d’une grande chapelle (100 x 66 pieds) attenante à l'église, avec façade sur la rue Henri-Julien. Déjà en 1893, on installe l'électricité dans l'église et le presbytère.

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En 1967, l’ensemble majestueux de l'église Saint-Jean-Baptiste a failli subir le même sort que quelques sanctuaires de la Métropole qui ont été « adaptés » aux goûts de l’époque. Les contrats sont signés pour l'exécution d'un « grand ménage ». On prévoit la suppression d'éléments jugés désuets, comme le maitre-autel et son baldaquin, la grande balustrade, etc. La nomination de l'abbé Paul Godin à la cure Saint-Jean- Baptiste a épargné l’église de ces travaux. Né dans la paroisse, il y exerce la majeure partie de son ministère sacerdotal. Fier et aimant de l’église Saint-Jean-Baptiste, il n'approuve pas cette dilapidation du bien commun, d'autant plus que les finances de la Fabrique ne permettent pas une telle dépense. Il fait venir l'entrepreneur-décorateur et lui déclare: « Puisque les contrats sont signés, faites votre ménage, mais je dois vous avertir d'une chose : c'est que vous ne serez pas payés. La paroisse n'en a pas les moyens ! » Les travaux planifiés ne sont pas exécutés.

L’église est rafraîchit en 1976. Le Comité de construction et d'art sacré se réunit et à sa recommandation, on choisit pour diriger les travaux le professeur John Bland, architecte émérite, directeur pendant trente ans de l'Ecole d'Architecture de l'Université McGill. Reconnu pour ses dons de coloriste, il conserve l'essentiel du parti des couleurs de Guido Nincheri, tout en l'améliorant par un choix de tonalités plus subtiles, plus gaies, plus lumineuses, plus solides, qui rendent encore plus remarquable l'imposante architecture.

Nef de la deuxième église, 23 juin 1903

Dans la nuit du 27 juin 1911, la deuxième église Saint-Jean-Baptiste est frappée par la foudre. L’incendie qui s’en suit est ravageur. L'avant-veille, on y avait inauguré un orgue du facteur Casavant. À ce second incendie, le presbytère subsiste et de l’église, seul demeure intact un petit drapeau tricolore installé parmi les clochetons pour les fêtes du 24 juin.

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