1872 - 1880

Montréal - vue du Mont-Royal, 1865Dans la seconde moitié du XIXe siècle, la ville de Montréal connaît un développement urbain important. On assiste à la création et à la croissance de banlieues. Ce phénomène résulte de l’effort conjugué de promoteurs, d’industriels et d’entreprises de services publics. Dans l’axe de la rue Saint-Denis, des promoteurs assèchent les zones marécageuses pour développer la municipalité de Saint-Jean-Baptiste, créé en 1861 depuis le village de Côte-Saint-Louis et annexée à Montréal en 1886. À la fin du XIXe siècle, la petite municipalité, devenue quartier montréalais, loge une population ouvrière croissante.

En juin 1872, quatre propriétaires cèdent à l'évêché de Montréal vingt emplacements, ayant front sur la rue Rachel, pour y construireune église. Dès ses débuts, le chantier, entreprit en 1872, piétine. En mars 1873, Mgr Ignace Bourget reçoit une requête. Des citoyens de la nouvelle municipalité demandentque « les travaux de l'église maintenant en construction dans cette localité soient poussés de telle sorte qu'il soit possible d'y dire etentendre la messe vers le premier jour de janvier prochain ». Cent vingt-huit signataires appuient cette demande, dont Salomon-F. B.Benjamin Maynard, le futur et premier curé de l’église Saint-Jean-Baptiste, le maire du village,Joseph-Octave Villeneuve, et Jules-Bernardin Rioux, curé du Saint- Enfant-Jésus. Les requérants n'hésitent pas à mettre eux-mêmes la main à l'ouvrage. On assiste à certaines corvées importantes. Fierté et solidarité s’expriment lors de défilés où des centaines de voitures, aux sons de fanfares, charrient la pierre des carrières avoisinantes. La première église Saint-Jean-Baptiste est bénite etinaugurée le 28 juin 1874. Le 11 décembre de l'année suivante, la nouvelle paroisse est érigée canoniquement et Salomon Maynard et officiellement désigné comme curé du lieu.

Trois ans plus tard, lorsque ce dernier est affecté à un autre ministère, l'intérieur de l'église est inachevé. Les dépendances curiales, la sacristie, le presbytère sont inexistants. Son successeur, Louis-Isaïe Dozois, entreprend la construction du presbytère. La tâche importante qui lui incombe est trop lourde et à son tour, il demande une nouvelle affectation qu’il obtient en 1880.