1880 - 1910

Saint-Jean-Baptiste 1re église (1874-1898)

Le véritable bâtisseur de la paroisse est le curé Magloire Auclair. Gestionnaire vigoureux et entreprenant, il dirige la paroisse pendant trente ans, de 1880 à 1910. Dès février 1881, il persuade les paroissiens d'assumer une partie de la dette. En 1882, les travaux sont complétés au presbytère et l'intérieur de l'église est parachevé d'après les plans des architectes Poitras et Roy. À son tour, en 1888, la sacristie est terminée. Cette même année, grâce à un don personnel du curé Auclair, le groupe d’architectes Poitras et Roy dirige la construction d’une grande chapelle (100 x 66 pieds) attenante à l'église, avec façade sur la rue Henri-Julien. Déjà en 1893, on installe l'électricité dans l'église et le presbytère.

Le curé Auclair dote sa paroisse d'œuvres majeures. En 1884, il confie aux Clercs de Saint-Viateur la direction de l'Académie Saint-Jean-Baptiste destinée aux garçons. Puis, en 1892, il confie cette fois la direction d’un externat, l'Académie du Sacré-Cœur, aux sœurs des Saints-Noms-de-Jésus-et-de-Marie. L'année suivante, le curé réalise un souhait personnel : la fondation de l'Hospice Auclair, destiné aux défavorisés et aux vieillards. En 1887, s'établissent, dans la périphérie de la paroisse, les Jésuites, à l'origine de la paroisse de l'immaculée Conception. Sur l’avenue du Mont-Royal, les Pères du Saint-Sacrement fondent en 1890 le Sanctuaire du Saint-Sacrement. La paroisse irlandaise de Sainte-Agnès débute aussi sous l'égide de Saint-Jean-Baptiste vers la fin du siècle.

À cette époque, le pasteur enthousiaste se voit à la tête d'une paroisse des plus prospères. Vers la fin de 1897, dans le but de compléter l'église, on procède à des travaux majeurs sous la direction de l'architecte Joseph Venne. Débutent alors des travaux de transformations dans le sanctuaire et dans la nef, des aménagements en façade et la construction de la flèche. Malheureusement, les travaux ne sont pas encore terminés qu’un incendie survenu dans la nuit 29 janvier 1898 détruit toute l’église.

Saint-Jean-Baptiste 2e église (1903-1911)Dès le lendemain du sinistre, les paroissiens et le curé s'attaquent à l'entreprise de la reconstruction. Du 30 janvier au 1er septembre, vingt assemblées de la Fabrique et de la Paroisse se succèdent. À la suite d'un concours proposé aux architectes catholiques de la ville, on confie les travaux de reconstruction au lauréat, l'ingénieur-architecte Emile Vanier. En juin 1903, sur le même site,s'élève une nouvelle église accompagnée d'un presbytère et d'une chapelle située dans le prolongement du sanctuaire, avec lequel elle communique par trois grands arcs ouverts. Plus vaste que le premier, ce deuxième temple mesure 253 pieds de longueur, 83 pieds de largeur et 160 pieds dans les transepts. À l'extérieur, une majestueuse tour-lanterne à dôme, surmontée d'un lanterneau, porte la hauteur totale à 187 pieds. Ce dôme estrecouvert de cuivre et les versants du toit, d'ardoise. La nef peut contenir 3 200 personnes; la chapelle absidiale, 900. Le style de l'édifice s'apparente à celui de la Renaissance italienne.

Le 25 juin 1903, Mgr Bruchési préside la cérémonie de l'inauguration dans un climat d'exubérance populaire et de réjouissances. Deux ans plus tard, on y célèbre avec enthousiasme les vingt-cinq ans de l'abbéAuclair à la cure de la paroisse. Une ombre au tableau: les frais de la reconstruction sont beaucoup plus considérables que prévu. Ils occasionnent des enquêtes et des redditions de comptes pénibles pour le pasteur. Si ce dernier peut établir un bilan positif de sa gestion tant sur le plan pastoral que financier lors de la visite de Mgr Bruchési, en novembre 1907, sasanté n'en est pas moins minée par les soucis. La paralysie le frappe en décembre 1910 et il meurt un an plus tard.