1967

En 1967, l’ensemble majestueux de l'église Saint-Jean-Baptiste a failli subir le même sort que quelques sanctuaires de la Métropole qui ont été « adaptés » aux goûts de l’époque. Les contrats sont signés pour l'exécution d'un « grand ménage ». On prévoit la suppression d'éléments jugés désuets, comme le maitre-autel et son baldaquin, la grande balustrade, etc. La nomination de l'abbé Paul Godin à la cure Saint-Jean- Baptiste a épargné l’église de ces travaux. Né dans la paroisse, il y exerce la majeure partie de son ministère sacerdotal. Fier et aimant de l’église Saint-Jean-Baptiste, il n'approuve pas cette dilapidation du bien commun, d'autant plus que les finances de la Fabrique ne permettent pas une telle dépense. Il fait venir l'entrepreneur-décorateur et lui déclare: « Puisque les contrats sont signés, faites votre ménage, mais je dois vous avertir d'une chose : c'est que vous ne serez pas payés. La paroisse n'en a pas les moyens ! » Les travaux planifiés ne sont pas exécutés.

L’église est rafraîchit en 1976. Le Comité de construction et d'art sacré se réunit et à sa recommandation, on choisit pour diriger les travaux le professeur John Bland, architecte émérite, directeur pendant trente ans de l'Ecole d'Architecture de l'Université McGill. Reconnu pour ses dons de coloriste, il conserve l'essentiel du parti des couleurs de Guido Nincheri, tout en l'améliorant par un choix de tonalités plus subtiles, plus gaies, plus lumineuses, plus solides, qui rendent encore plus remarquable l'imposante architecture.